Bienvenue dans les Archives de Pagatia.
Ce que vous trouverez ici ne figure dans aucun manuel. Ces pages consignent ce que le royaume préfère oublier — les règles non écrites, les vérités interdites, les fragments que les Apostres ont jugé trop dangereux pour être conservés.
Vous avez la clé. Vous avez le droit d'entrer.
Ce que vous faites de ces connaissances vous appartient.
Ce que l'on sait de Pagatia. Ce que l'on préfère ignorer.
La religion est au cœur de la vie à Pagatia. Une fois par mois, chaque village se réunit dans la Grande Salle pour honorer Dame Nature — une pratique collective, fortement recommandée, que personne ne songe vraiment à remettre en question. Ne pas s'y rendre n'est pas interdit. Mais cela se remarque. Ce qui se dit dans la Grande Salle reste dans la Grande Salle. Ce qui s'y décide, en revanche, s'étend bien au-delà.
La société de Pagatia est répartie en ordres distincts, chacun avec ses droits, ses devoirs — et ses silences. On distingue l'Apostrie, qui détient l'autorité spirituelle et institutionnelle. L'armée, qui fait tenir l'ordre. Et le peuple, qui fait tenir tout le reste. La noblesse existe — mais elle n'est pas un ordre officiellement reconnu. Ce qu'elle détient, elle le détient autrement. Les frontières entre ces ordres sont claires sur le papier. Dans les faits, elles sont poreuses là où personne ne regarde.
Une loi ancestrale, divine. Chacun en connaît l'existence. Presque personne n'en connaît les termes exacts. Le Pacte lie deux personnes — et si l'une d'entre elles manque à sa parole, elle se maudit elle-même et bénit automatiquement l'autre. Les serments ne sont pas des promesses. Ce sont des contrats que la terre elle-même enregistre. Certains disent qu'il a été signé avec de l'encre. D'autres, avec autre chose.
Tous les cinq ans, chaque village, chaque ville, chaque communauté choisit un nom. Un seul. Ce nom représentera les siens dans le grand tournoi. Ce qui se passe ensuite dépend de ce que l'on est prêt à sacrifier.
Pagatia est divisée en cinq régions, chacune avec son caractère propre. Le Nord, rude et isolé, où les hivers durent plus longtemps que partout ailleurs. Le Sud, désertique, tourné vers les côtes — aride, mais ouvert sur le monde. L'Est, rocheux, sauvage, indomptable — un territoire que personne n'a vraiment apprivoisé. L'Ouest, forestier et montagneux, fermé sur lui-même. Et au centre, la Capitale — terre plus clémente, plus fertile, siège du pouvoir et carrefour de tout ce que les autres régions envoient, volontairement ou non.
À Pagatia, tout le monde n'a pas le droit de partir. Les lois de mobilité restreignent les déplacements selon l'origine et le rang. Franchir certaines frontières sans autorisation ne se fait qu'une fois.
L'Intendance désigne la charge de percevoir les impôts au sein de chaque communauté. Longtemps, ce rôle revenait aux Anciens — à tour de rôle, comme un devoir partagé entre pairs.
Depuis quelques années, les choses ont changé. C'est désormais l'Apostre de la ville ou du village qui perçoit. Ce qui était autrefois un geste de soin et de foi est devenu, aux yeux du peuple, un geste de prélèvement. Les Apostres — guérisseurs, théologiens, figures de confiance — n'ont pas changé. Mais leur image, elle, a changé.
Qui a décidé de ce transfert de charge, et pourquoi, c'est une question que peu osent poser à voix haute.
L'Âme Solitaire · Tome I · Fragment
Vorst était venu pour mourir, ou pour comprendre.
Au fond, c'était un peu pareil.
La nuit était tombée depuis longtemps. Il se tenait seul face à l'arbre — celui dont on ne prononçait pas le nom. Celui qu'on évitait, même du temps des Foires.
Il en avait vu un autre, semblable, au cimetière.
Mais celui-ci… celui-ci était différent.
Il savait qu'il enfreignait la loi. Il s'en fichait.
Depuis Ahnaroc — cette nuit-là — il n'était plus le même. Les illusions, les prudences, les peurs — tout ça, c'était avant. Il avait vu l'arbre du cimetière. La cavité. Le souffle. Mais il n'avait pas osé aller plus loin.
Maintenant, il voulait savoir. Savoir si cet arbre cachait la même chose.
Autour de lui, pas d'oiseaux. Pas de vent. Juste ce silence épais qui précède toujours quelque chose.
Il s'accroupit.
Des trous ronds trouaient l'écorce. Il glissa les doigts dans l'un d'eux. Quelque chose bougea. Une forme surgit de l'ombre.
Puis une autre.
La douleur explosa dans sa main — brûlure, puis morsure. Il bascula en arrière, heurta le sol, chercha son couteau.
Ses doigts tremblaient. Le froid de la terre contre son dos. Les feuilles mortes s'étaient collées à sa nuque.
Et ce mot sortit. Pas de sa gorge. De plus loin. De plus profond.
Marmailla.Ce que l'on sait. Ce que l'on devine. Ce qui reste scellé.
Version autorisée par les Apostres. Incomplète par définition.
La Capitale. Siège du pouvoir, cœur administratif de Pagatia. Terre clémente, fertile. Ce que les autres régions envoient — richesses, soldats, problèmes — finit toujours ici.
Rude et isolé, bordé par le lac qui sépare le nord du reste de l'île. Territoire où le Northikine souffle le plus fort. Population clairsemée. Les lois de mobilité s'y appliquent différemment — ce qui n'est pas nécessairement un avantage.
Rocheux, sauvage, indomptable. Un territoire taillé dans la pierre que personne n'a vraiment apprivoisé. Là où arrivent ceux qui ne devraient pas arriver — et où restent ceux que personne ne cherche.
Forestier et montagneux, fermé sur lui-même. Deux villes, deux tempéraments. Certaines forêts de l'Ouest n'ont pas de nom. On ne les traverse pas. On ne demande pas ce qui s'y trouve.
Désertique, tourné vers les côtes. Aride, mais ouvert sur le monde extérieur d'une façon que les autres régions ne sont pas. Ce que les habitants du Sud appellent une fenêtre, les autres appellent une frontière.
L'Âme Solitaire — Tome I des Chroniques de Pagatia
Propriété intellectuelle & conditions d'utilisation
L'ensemble des éléments constituant ce site — textes, extraits, noms de personnages, lieux, systèmes narratifs, chronologies et tout élément de l'univers des Chroniques de Pagatia — est la propriété exclusive de Veni De Sá et est protégé par les lois suisses, françaises et internationales relatives au droit d'auteur.
Le nom Veni De Sá est un nom d'auteur déposé et protégé auprès de l'Institut Fédéral de la Propriété Intellectuelle (IPI) en Suisse.
Toute reproduction, représentation, modification, publication ou adaptation de tout ou partie des éléments de ce site — quel que soit le moyen ou le procédé utilisé — est strictement interdite sans autorisation écrite préalable de l'auteur.
Les extraits du tome I publiés sur ce site sont des œuvres protégées. Leur reproduction partielle à des fins de citation est tolérée dans la limite de trois phrases, à condition de mentionner explicitement : © 2026 Veni De Sá — Chroniques de Pagatia et l'adresse du présent site.
Toute reproduction à des fins commerciales est formellement interdite.
Les questions transmises via les Échos du Pacte restent la propriété intellectuelle de leurs auteurs. En les soumettant, ceux-ci accordent à Veni De Sá le droit de les publier, en tout ou partie, sur ce site et dans les volumes de la saga Chroniques de Pagatia, sans contrepartie financière.
Tout contenu soumis à caractère injurieux, diffamatoire ou contraire aux lois en vigueur sera rejeté sans délai.
Les noms propres, lieux, institutions et éléments narratifs de l'univers de Pagatia — incluant sans s'y limiter : Pagatia, Vorst, Olyvar, Ahnaroc, le Pentaetion, le Pacte, les Apostres, la Mörderstrada, les Glokkes — sont des créations originales de Veni De Sá et bénéficient à ce titre de la protection du droit d'auteur.
Pour toute demande relative aux droits d'auteur, demande de reproduction ou partenariat :
Via le formulaire des Échos du Pacte, en indiquant "Demande de droits" en objet.
Vos hypothèses. Vos pressentiments. Ce que vous croyez avoir compris.
Ce que les lecteurs ont osé écrire. Ce que Pagatia a jugé digne d'être consigné.
Ceux dont le nom mérite d'être consigné.
Ceux que Pagatia a façonnés. Les endroits qu'elle a marqués.
Vos hypothèses. Vos pressentiments. Ce que vous croyez avoir compris.
Ce que les lecteurs ont osé écrire. Ce que Pagatia a jugé digne d'être consigné.
Ceux dont le nom mérite d'être consigné.
Ceux que Pagatia a façonnés. Ceux qu'elle a brisés.